Opération Arse

Lundi, le 30 juillet, et six jours après son “élection,” Boris Johnson fait sa première visite à l’étranger, disons d’outre-mer. Mais c’est peu probable qu’il s’est rendu en bateau lorsqu’il a voyagé au nord pour arriver à Édimbourg, c’est plus probable qu’il a voyagé en véhicule blindé!

Officiellement, ou plutôt, officieusement, il est le premier ministre, le leader du pays, parce que, pour le moment, l’Écosse reste au Royaume Uni. Néanmoins, depuis 2014, pendant la première campagne référendaire, quand le gouvernement Britannique avait besoin de recourir au chantage pour maintenir l’union entre l’Angleterre et l’Écosse – “Si vous décidiez de partir… pas de pension de vieillesse, pas de santé publique, même pas de nourriture!” – c’est évident que l’Écossais restent involontairement est leurs pays est une entité distincte et semi-independent.

Avant son avancement au poste du premier ministre, ses collègues en Écosse dans le parti conservateur étaient complètement atterrés à la pensée de voir Boris avec les clés de numéro 10, Downing Street. En fait, ils ont lancé une campagne, baptisée “Opération Arse” pour l’empêcher de devenir le PM. Un “arse” est un terme d’argot grossier pour un cul, mais métaphoriquement, ça veut dire quelqu’un qui est maladroit, pataud, et surtout, déconnecté. En fait, quelqu’un juste comme Boris.

Mais comme vous pouvez imaginer, les Conservateurs ne sont pas très populaires en Écosse, et en conséquence, ils ont peu de membres écossais. Malheureusement, en dépit de l’operation de cul, Johnson était élu et c’est lui qui est arrivé à Edimbourg pour des pourparlers avec Nicola Sturgeon, la chèfe de SNP, et la First Minister de l’Écosse.

Les conservateurs écossais, c’est une petite bande qui, typiquement, attire les voix de moins de 20% de l’électorat écossais. Typiquement, ils sont très heureux de s’aligner sur les diktats de Londres, mais cette fois, ils ont fait campagne contre le favori des Anglais… et perdus. En fait, comme on dit en Écosse, ils ont “made an arse of it”, c’est-à-dire, ils ont fait un fiasco intégral.

Alors, il est arrivé à l’entrée de Bute House, la résidence officielle du First Minister (c’est interessant que les Anglais préfèrent d’utiliser un terme français, le premier ministre, pour désigner leur chef!). Dehors, il y avait une grande foule de manifestants, qui a réagi à son apparence avec risée forte. Chose intéressante, selon le BBC, leurs protestations étaient, en fait, une sorte d’acclamation, mais ça, c’est une autre histoire.

Et le rendez-vous entre Sturgeon et Johnson? Un coup d’épée dans l’eau. Elle veut voir une Ecosse, indépendante et membre de l’UE: il insiste que l’Écosse reste une province du Royaume Uni, et un participant dans le processus de destruction de soi qui s’appelle Brexit (dur ou mur – l’un ou l’autre fera). Et la cerise sur le gâteau: pour éviter la foule rassemblée par la porte d’éntrée – Johnson a décidé de laisser par la porte arrière. Autrement dit, il a quitté par le passage de dos: c’est ce que j’appelle une vraie opération arse.

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